Mondialisation points de repère

1999.01.22

Le Musée des beaux-arts de Montréal accueille du 28 au 9 mai l’exposition Monet à Giverny: chefs d’oeuvre du Musée Marmottan. Arrivée sur le continent en 1995 l’exposition a été présentée au Museum of Art de la Nouvelle-Orléans, au Young Memorial Museum de San Francisco, au Walters Art Gallery de Baltimore et au Museum of Art de Portland (Oregon); Montréal est la seule ville canadienne à l’avoir.

Aciers Sofatec (Ste-Anne-des-Plaines, Québec, Canada), pièces d’acier pour grandes manufacturières, a un chiffre d’affaires de cinq millions $C après 18 mois en opération. Son marché comprend le nord-est des USA en plus des provinces canadiennes Québec, Ontario, Maritimes.

Bell Canada (Montréal, Québec, Canada) et France Télécom intensifient leur coopération commerciale, entamée au début du mois, permettant l’accès Internet dans les deux sens de Sympatico et de Voilà. Sympatico (35 000 sites) est la marque de commerce de la société en commandite Média-Link détenue à 76% par Bell Canada; Voilà (six millions de sites), outil de recherche lancé par France Télécom l’été dernier, est connecté à Voilà International (100 millions de sites).

L’opérateur britannique Cable & Wireless, abandonnant une tentative de coentreprise avec Telecom Italia, investit un milliard $US sur cinq ans pour bâtir son réseau intégré voix-donées-Internet reliant 40 grandes villes dans 13 pays européens. À la mi-1998 C&W a acquis les activités Internet de l’américain MCI Communications et veut devenir <<l’épine dorsale>> pour l’Internet entre l’Europe et les USA.

La Bourse de Milan s’est jointe à l’alliance boursière Londres-Francfort, Paris a signé une lettre d’intention en ce sens et Madrid annonce sa décision de faire de même; l’alliance vise à créer une plate-forme commune de transactions sur les principales valeurs européennes. D’autre part une action commune de la Bourse de Madrid et des Bourses régionales de Barcelone, Valence et Bilbao vise des transactions en euros sur les titres d’entreprises d’Amérique latine.

Les entreprises commerciales américaines ont-elles un droit d’accès aux eaux canadiennes égal à celui des entreprises canadiennes? Oui, disent les Américains interprétant en ce sens les deux accords de libre-échange Canada-USA et Canada-USA-Mexique; non, dit le gouvernement canadien interprétant en sens inverse les mêmes accords et préparant un projet de loi défensive à être présenté à la reprise de la session parlementaire début février.

Au sujet des eaux, Sun Belt Water (Santa Barbara, Californie, USA) poursuit déjà le gouvernement canadien pour 300 millions $US alléguant violation d’une clause de l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna); il s’agit du chapitre onze qui promulgue un traitement équitable envers toutes entreprises par les trois signataires de l’accord, Canada, USA, Mexique. L’américain Sun Belt en 1990 avait formé une coentreprise avec le canadien Snowcap Waters pour importer en Californie, état américain, de l’eau potable de la Colombie-Britannique, province canadienne; cette province en 1991 a imposé un moratoire sur l’exportation de son eau et en 1995 un interdit permanent, le tout, allègue Sun Belt, en dédommageant adéquatement Snowcap mais refusant la pareille à Sun Belt.

La consommation mondiale d’eau augmente du double à tous les 20 ans, deux fois plus vite que l’augmentation de la population humaine. À l’an 2025 deux tiers de la population mondiale pourrait manquer d’eau potable, d’où les efforts actuels d’entreprises commerciales mondiales de faire accepter la privatisation des eaux dans un contexte sans frontières: avec 20% de l’eau potable de la planète, le Canada est une cible alléchante; le Québec est la province canadienne qui a le plus d’eau fraîche.

- L’eau est du domaine public et appartient au peuple. Personne n’a le droit de se l’approprier à des fins commerciales. – Maude Barlow, présidente, Conseil des Canadiens (opposé aux régimes de libre-échange), dans un article récent.

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